Andros, l’île verte de la Grèce

  • 7 min
  • Mis à jour le : 3 juin 2026
  • Par Dimitrios Machairidis

Andros, deuxième plus grande île des Cyclades – après Naxos – avec ses 383 km² de superficie, est surtout l'une des plus fertiles et des plus vertes. Paradis des randonneurs, des passionnés d'art et des épicuriens, elle se distingue surtout par son architecture. En lieu et place des maisons blanchies à la chaux, carte postale de l'archipel, s'y succèdent en effet des maisons au style néoclassique et coiffées d'un toit de tuiles. Je vous invite aujourd'hui à découvrir celle que l'on appelle l'île des armateurs, loin de l'animation de Mykonos.

Une île née de la mer Égée

Dans l’Antiquité déjà, les Andriotes ont la réputation d’être de grands navigateurs. Et au XIXe siècle, ils sont parmi les premiers en Grèce à remplacer leur flotte de bateaux à voiles par des bateaux à vapeur. À cette époque, les habitants d'Andros ont de grandes ambitions : faire de Chora, la capitale de l'île, un important centre maritime et commercial : Mia mikri Anglia (littéralement « une petite Angleterre »). Mais leur aspiration tourne court, entraînant dès le XXe siècle un vague d’émigration vers… l’Angleterre ! Chora est néanmoins une ville florissante, les armateurs de l'île d'Andros contrôlant alors presque un quart de la flotte grecque. Et c'est en ce début de siècle que les élégantes demeures néoclassiques sont construites, faisant de Chora l'une des capitales les plus charmantes de la mer Égée.

Retour aux sources

Les nombreuses sources d’Andros – les principales coulent à Menites et Aidonia – lui ont valu le surnom d'Hydroussa, l'« île humide ». Cette eau de source, vous pouvez même la goûter en voyage aux Cyclades puisqu’elle est commercialisée sous la marque Sariza dans les tavernes, supermarchés, kiosques…

© SHansche/iStock

Comment aller sur l'île d'Andros ?

Rien de plus simple ! Un trajet de deux heures en ferry depuis le port de Pirée d'Athènes et vous êtes à Gavrio, le port principal de l'île. Étape charmante et méconnue des Cyclades, Andros se divise en trois petites régions, chacune avec son identité propre :

  • l'Ouest, autour de Batsi, un village agréable relié par une très belle route à Paléopolis, la capitale antique de l’île ;
  • l'Est, autour de Chora, capitale d’Andros et une visite incontournable lors d’un séjour sur l’île ;
  • le Sud et la région de Korthi, une vallée luxuriante abritant de nombreux villages tous aussi charmants les uns que les autres.

Pourquoi séjourner sur l’île d’Andros ?

Entre vallées, sources, large réseau de sentiers pédestres et plages sauvages, Andros accueille les visiteurs à la recherche d'une riche diversité de paysages. Et de toutes les îles grecques, Andros est par ailleurs l’une de celles qui présente le plus riche patrimoine artistique et culturel. Forte d’une longue tradition maritime, elle abrite de nombreux musées et fondations d’art, fruits du mécénat des armateurs grecs.

Que faire à Andros ?

Chora, capitale d'Andros

Autour de la place Kaïri

Le matin, j'adore me balader et lorgner les devantures des pâtisseries artisanales situées dans la jolie ruelle pavée reliant la place centrale à la place Kaïri. C'est une jolie promenade commerçante et surtout la plus vieille zone piétonne grecque, construite en 1902.

Sur la place Kaïri se trouve une fontaine de l’époque ottomane et autour de la place les deux grandes donations de la fondation Basil et Elise Goulandris : l’édifice moderne du musée archéologique de Chora et le musée d’art contemporain d’Andros.

Je prends les escaliers à droite (en descente !) pour aller admirer l’église de la Vierge Marie Théosképasti, considérée comme la protectrice de l'île. Depuis la vaste cour, je profite un peu de la vue magnifique sur la belle plage de Paraporti.

Maisons de maître et musée Maritime

Mon chemin continue jusqu'à la place du Marin-Inconnu. À ma droite se trouve l’église catholique de Chora, témoignage de la présence vénitienne du XVe au XVIe siècle. Les maisons des maîtres cohabitent avec les maisons des capitaines, des marins et des commerçants de l’île. Baroque, belle époque, Art nouveau, éclectisme ou néoclassicisme, les différents styles architecturaux des maisons créent une riche diversité pour les amoureux d'architecture.

Sur la place du Marin-Inconnu se trouve le musée maritime d’Andros. Minuscule par sa taille, il abrite cependant une riche collection d'archives et de modélisme de bateaux de commerce. Pour finir cette découverte en beauté, direction les tavernes sur la plage et leurs délicieux mezzés, des petits plats typiques qui accompagnent parfaitement un verre d’ouzo.

© Chloé Ruffin

Autour de Chora : plages et monastère

Pour aller se baigner dans un décor de carte postale au cours de son circuit dans les Cyclades, je recommande sans hésiter la plage d'Achla, accessible par un beau sentier (assez sportif) et surtout déserte. Dans les montagnes, c'est un paysage plus austère qui vous attend. Depuis Chora, il faut grimper – en voiture ou à pied – quelques lacets pour accéder au monastère de Panachrantos. Ici, on ne croise que moines et aigles, les seuls habitants des lieux. Mais on est accueilli chaleureusement avec un café grec et un loucoumi avant d'aller visiter la petite église du monastère, riche de jolies icônes byzantines.

La fourtalia, spécialité culinaire d’Andros

Dans la plupart des tavernes d’Andros les produits sont frais et locaux. Les courgettes, aubergines, tomates, olives viennent toutes des jardins et fermes de l'île. Mais la vedette culinaire locale incontestée est la fourtalia : une gigantesque omelette faite sur une poêle démesurée avec une douzaines d'œufs, des pommes de terre, des herbes et des morceaux du porc appelés siglina. Le secret de la recette se joue sur le temps de cuisson et le mélange d'herbes utilisé.

© Arié Botbol/Réa - © Milangonda/Stock Adobe

Batsi, un balcon sur la mer Égée

Batsi, accroché à une colline, fait face à la mer. Son petit port de pêche et son bord de mer sont joliment aménagés. Je m'offre une soirée au restaurant Mastello, où j'ai pu goûter une délicieuse salade de crabes. Après le dîner, je prolonge la soirée avec un cocktail au bar Capriccio.

Au petit matin, rendez-vous au musée archéologique de Paléopolis au sud du Batsi, qui complète bien la visite du musée archéologique de Chora. Paléopolis est une ancienne acropole habitée à l’époque néolithique (du VIIe siècle avant J.-C. au VIIe siècle après J.-C.). Située au centre de l’île, le village éponyme offre une vue imprenable sur la mer Égée. Je conseille de réserver une place au restaurant bien nommé le balcon de l’Égée.

Les rochers ne sont jamais loin autour de Batsi… tout comme les villages de montagne. Je décide d'aller à Arni, un village à 500 mètres d'altitude dans les montagnes de Kanavas, un peu plus au nord. C'est l'un des plus anciens villages de l'île, entouré de chênes, de sources d’eau et de cascades. Les sentiers me conduisent entre vignes et vergers, le bleu éclatant des belles plages de l'île d'Andros au loin.

D'ailleurs, l'une des plus belles plages d'Andros, se trouve à mi-chemin entre Gavrio et Batsi. Il s'agit de la plage de Kyprianos (Agios Kyprianos). Un peu sauvage, une eau cristalline, du sable fin et des galets, de jolis poissons à observer, des rochers pour se mettre à l'ombre… rien que d'en parler, j'ai envie d'y retourner.

© Chloé Ruffin - © Arié Botbol/Réa - © Kate/Stock Adobe

Korthi entre villages et restaurants

Après Batsi, je prends la route vers la région de Korthi, à seulement quelques kilomètres au sud, toujours sur la côte Ouest.

Premier arrêt au village Kaparia, précisément à la pâtisserie de Bakelas, pour goûter aux meilleures glaces de l’île d'Andros. Je continue vers le village Aïdonia. Pour échapper aux Sarrasins qui attaquaient les îles des Cyclades en mer Égée, il fut construit sur un rocher, le rendant presque invisible depuis la mer. Les rues sont étroites, dissimulant plein de déviations pour que les habitants du village puissent s'y cacher en cas d’invasion. Mon dernier arrêt : la baie de Korthi Yialos. Tout près, la taverne Lithodomi régale avec d'excellents beignets aux tomates et aux courgettes.

Je profite des derniers moments d'Andros avant de rejoindre Gavrio. Il est l'heure de dire au revoir et de reprendre le ferry direction Athènes.

Mon top 3 des plages d’Andros

Paraporti : à Chora sur la côte Est d’Andros || grande plage de sable

Achla : sur la côte Est, au nord de Chora || plage de sable fin et petits galets bordée de platanes || activité : rejoindre la plage en bateau, au départ de Chora

Agios Kyprianos : sur la côte Ouest d’Andros, entre Batsi et Gavrio || sable fin et rochers || activités : pêche, plongée et baignade