Où admirer les couleurs d’automne ?

  • 13 min
  • Mis à jour le : 24 septembre 2026
  • Par Caroline Guébel

#fall, #fallfoliage, #fallcolors… dès le mois de septembre, ces hashtags se multiplient sur instagram et Tik Tok. Il est certain que les couleurs d’automne – vermillon, magenta, citrouille, vieil or… – sont on ne peut plus photogéniques, garantissant des contenus léchés pour les réseaux sociaux. Mais que l’on ne s’y trompe pas, ce regain d’intérêt pour l’été indien n’a pas qu’une motivation esthétique. Il traduit aussi un besoin grandissant de se reconnecter à la nature et de voyager en douceur. Si vous aussi, vous voulez céder à l’appel de la forêt de septembre à novembre, découvrez notre top destination pour admirer les couleurs d’automne.

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La Nouvelle-Angleterre, aux sources de l’été indien

L’expression « été indien » nous vient des États-Unis et pour en profiter, la Nouvelle-Angleterre est le meilleur endroit. Cette région, située entre le Canada et la ville de New York, regroupe six États : Connecticut, Maine, Massachusetts, New Hampshire, Rhode Island et Vermont. Pour augmenter vos chances d’admirer un feuillage d’automne au paroxysme de sa beauté, planifiez votre autotour en Nouvelle-Angleterre fin septembre (Vermont, Maine et New Hampshire)-début octobre (Connecticut et Massachusetts).

Parmi nos lieux préférés, la forêt nationale des White Mountains dans le New Hampshire est sans doute le plus connu. Les essences de feuillus sont nombreuses – érables à sucre ; érables rouges ; érables de Pennsylvanie ; bouleaux jaunes ; hêtres ; mélèzes… – et chacune revêt des couleurs différentes. Leur éclat est rehaussé par la beauté des sommets environnants et se mire dans des lacs à l’eau cristalline. Les chances de prendre d’inoubliables photos augmentent autour du Colombus Day, le deuxième lundi d’octobre (12 octobre 2026 ; 11 octobre 2027).

Composition de trois photos sur l'automne qui s'installe en Nouvelle-Angleterre. Villes, campagnes et forêts se parent de jaune, orange et rouge.
© Jon Arnold Images/Hemis

À ne pas manquer : la récolte des canneberges

Si vous voyagez à cette période, ne manquez pas la récolte des canneberges en Nouvelle-Angleterre. Assortis au fall foliage, les champs de canneberges forment d’immenses tapis grenat. Un spectacle magnifique et l’occasion d’en apprendre plus sur cette baie très appréciée en Amérique du Nord.

Qu’est-ce que l’été indien ?

L’été indien est d’abord un phénomène météorologique se produisant au milieu ou à la fin de l’automne, après une première période de gel. Durant quelques jours, les températures remontent, dépassant de 4 à 6 °C les normales de saison, le ciel est dégagé et les précipitations quasi nulles. C’est cette période que privilégiaient les peuples autochtones pour achever leurs récoltes et faire des réserves en vue de l’hiver, d’où le nom « été indien » qui lui a été donné.

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Le Colorado, un autre été indien

On parle souvent de l’Est des États-Unis pour admirer l'été indien, mais moins de l’Ouest américain. Il est pourtant un état qui fait tourner la tête de tous les voyageurs amoureux de l’automne : le Colorado. Au Colorado, l’été indien est à son apogée de mi-septembre à début octobre. Mais attention, il varie fortement selon l’altitude. Plus on gagne en hauteur et plus il sera précoce. Pour planifier votre road trip au Colorado, il vous faudra donc tenir compte à la fois de la période de départ et de l’altitude de vos étapes.

Dans cet état pourvu de quelques-unes des plus belles routes américaines, les idées d'autotours ne manquent pas. Commencez par la Peak to Peak Highway, dans la région de Denver. D’une longueur de 90 kilomètres, la plus vieille route touristique du Colorado collectionne les points de vue sur les sommets tapissés des ors de septembre et les lacs bordés de forêts.

À ne pas manquer : le brame des wapitis

Plus petit que l’orignal mais plus grand que le renne, le wapiti est le cervidé peuplant les Rocheuses. À l’automne, les mâles se défient par leur brame et s’affrontent sans merci. Ce « chant », à mi-chemin du sifflement et du rugissement résonne d’août à novembre.

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Le Québec à l'heure de la saison des couleurs

Dans la « Belle province », on parle plutôt de saison des couleurs pour parler de la période durant laquelle, la forêt resplendit de mille feux. La saison des couleurs dure grosso modo de mi-septembre à mi-octobre, l’été indien au sens météorologique du terme arrivant plus tard, dans la saison.

Avec le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, le Québec est la province canadienne qui offre le plus d’opportunités d’admirer les couleurs automnales et ce, dès son arrivée dans la ville de Québec. Alentour, les forêts ne manquent pas, mais s’il fallait n’en choisir qu’une, ce serait celle du parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie.

Composition de trois photos sur les couleurs automnales au Québec, dans les villes.
© Eva Blue/Tourisme Montréal - © David Giral/Réa - © Philippe Renault/Hemis

Son sentier de l’Acropole-des-Draveurs est le plus reconnu pour ses couleurs somptueuses. Mais c’est aussi l’un des plus difficiles… Alors pour vivre la saison des couleurs grandeur nature, mieux vaut se tourner vers des excursions plus accessibles. On aime notamment naviguer en bateau-mouche ou en kayak sur la rivière Malbaie, ou encore randonner sur le sentier de L’Érablière. Cette boucle de 2,5 kilomètres traverse une érablière aux belles nuances vermillon et magenta.

À ne pas manquer : la cueillette des pommes

Les Québécois n’ont pas attendu le célèbre « Mangez des pommes » pour succomber aux saveurs acidulées de pommes tout juste cueillies. À l’automne, vergers et cidreries ouvrent grand leurs portes aux familles venues faire le plein de fruits et de rires.

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Le Japon, kōyō et momijigari

Kōyō, littéralement « feuille rouge », désigne en langue japonaise le rougissement des feuilles d’érable. Leur contemplation est appelée momijigari et c’est une tradition aussi populaire que le hanami au printemps. Le kōyō couvre plusieurs mois, de fin août à début décembre, mais c’est durant la seconde quinzaine de novembre qu’il est le plus spectaculaire. Selon les régions, le pic du kōyō peut varier de quelques jours.

Si vous séjournez sur l’île de Hokkaido, vous pourrez pratiquer le momijigari de fin septembre à mi-octobre, notamment dans le parc de Daisetsuzan. À Tokyo et Kyoto, le kōyō court plutôt de mi-novembre à début décembre et le momijigari se pratique dans les parcs et temples.

À ne pas manquer : les saveurs de l’automne

La cuisine japonaise n’a pas son pareil pour sublimer les produits de saison. Parmi les délices de l’automne, le kuri gohan ou riz aux châtaignes, l’hoshigaki, un kaki séché ou encore les momiji manju, des petits gâteaux en forme de feuille d’érable.

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La Corée du Sud, le spectacle du danpung

Littéralement, danpung signifie à la fois « feuillage d’automne » et « érable ». Ce dernier offre une palette de nuances flamboyantes allant du jaune d'or à l'écarlate, en passant par le pourpre. En Corée du Sud, il partage la vedette avec le ginkgo biloba, qui se couvre d’or, le merisier aux douces nuances cuivrées et l’orme du Caucase avec sa robe d’un marron doux. Toutes ces teintes chaudes soulignent encore plus la beauté des temples bouddhistes.

Composition de deux photos sur les couleurs automnales en Corée du Sud, au palais Changdeokgung à Séoul.
© Jon Arnold Images/Hemis - © Arié Botbol/Réa

Le premier rougissement de la nature coréenne apparaît fin septembre-début octobre et le pic deux semaines plus tard environ. Ces deux phénomènes connaissent des variations dans le temps en fonction de la région et de l’altitude. Grosso modo, le danpung court de fin septembre à mi-octobre pour les montagnes du nord (Seoraksan, Odaesan), de fin octobre à début novembre pour Séoul et les régions centrales, et de début à mi-novembre pour le sud (Busan, Naejangsan).

Parmi les lieux à ne pas manquer : le parc national de Seoraksan et sa vallée Cheonbuldong sont incontournables. On aime aussi le parc national de Naejangsan et son temple auquel on accède en empruntant une allée bordée de majestueux érables. À Séoul, porte d’entrée de la majorité des voyages en Corée, le danpung se vit partout mais il est particulièrement beau au jardin Haneul et dans celui du palais de Changdeokgung.

À ne pas manquer : la fête de Chuseok

Chuseok, l’une des plus grandes fêtes de Corée du Sud est célébrée le 15e jour du 8e mois lunaire (25 septembre 2026 ; 14 septembre 2027). Associé aux récoltes, Chuseok est aussi un moment privilégié pour honorer ses ancêtres. Le soir, sous la pleine lune à son apogée, il est de coutume de faire des vœux.

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La Finlande, pleins feux sur le ruska

Le finnois aussi a un mot pour désigner le « flamboiement des couleurs de la forêt en automne » : ruska. Le ruska naît en Laponie courant septembre puis met le cap au sud, en déployant progressivement son manteau de rouges et d’ors sur toute la Finlande. En tout, il parcourra 500 kilomètres en deux semaines.

En Laponie finlandaise, le ruska est très court, à peine deux semaines. Dès le mois de septembre en effet, les premières gelées et des jours de plus en plus courts amènent la nature à changer rapidement. Le spectacle – camaïeu rouge orangé des érables et des trembles ; feuilles d’or des bouleaux voletant dans le ciel ; gouttes rubicondes des baies accrochées aux sorbiers… – gagne en intensité et en magie sous les lumières rasantes de l’automne finissant.

Composition de trois photos sur l'été indien en Laponie finlandaise en pleine forêt. Un ours cherche les dernières provisions avant d'hiberner, on mange les dernières baies, tout en se prélassant dans un chalet.
© Sci/Stock Adobe - © Niilo Vuopala/iStock - © Emmanuel Berthier/Hemis

Pour un ruskaretki – en finnois, un « voyage pour admirer le ruska » – réussi la Laponie finlandaise est une valeur sûre au mois de septembre. Pour un départ fin septembre-début octobre, préférez les forêts du sud du pays.

À ne pas manquer : les aurores boréales

En Finlande, les aurores boréales s’observent de fin août à début avril. Leur spectacle unique se combine donc idéalement avec un voyage au temps du ruska pour un double effet « whaou ».

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L'Écosse, un automne 100 % tartan

En Écosse, on parle de « petit été de la saint Luc » (Saint Luke’s Little Summer) pour désigner l’été indien. Il a lieu généralement autour du 7 octobre, date de la saint Luc selon le calendrier julien (18 octobre dans le calendrier grégorien). Outre qu’il connaît des conditions météo tout à fait acceptables, le petit été de la saint Luc est marqué par la baisse notable des midges après le pic de l’été. Mais comme son nom l’indique, il est assez court et dès novembre, froid et humidité s’installent pour de bon.

Pour profiter de ce petit été en Écosse, un séjour à Édimbourg est une excellente idée. Dans la douce lumière d’un crépuscule d’automne, Édimbourg la gothique est superbe. Direction Arthur’s Seat pour embrasser toute la beauté de la ville avant d’écumer les pubs pour une pinte ou une boisson sans alcool.

Composition de trois photos sur l'automne en Écosse. Les reliefs rougissent et les cerfs se font entendre.
Tendez l’oreille, le brame des cerfs résonne dans les forêts au mois d’octobre. © Jean François Deroubaix/Hemis - © ImageBroker/Hemis - © James/Stock Adobe

Autre incontournable de l’été indien version Scottish, la région des Highlands et sa lande aux teintes cuivrée, piquetée des fleurs mauves de la bruyère. On y fera d’inoubliables randonnées ponctuées par la visite de châteaux et la rencontre des producteurs locaux sur les marchés. On évitera en revanche le munro bagging si l’on est insuffisamment entraîné et / ou équipé, le temps pouvant changer très rapidement.

À ne pas manquer : le còsagach

L’automne est la meilleure période pour expérimenter lecósagach, art de vivre écossais basé sur la simplicité et le confort. Ce peut être par exemple une soirée devant un feu de cheminée, avec un bon livre et une tasse de thé à portée de main.

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L'Allemagne à la faveur de l'Altweibersommer

Les Allemands adorent leur été indien, qu’ils appellent Altweibersommer et qui dure de fin septembre à mi-octobre. Outre des paysages de vignobles, forêts et montagnes rivalisant de beauté, l’automne a aussi la particularité d’être très festif et ponctué de nombreux rituels. Parmi ces derniers citons, la Herbstkuchen, qui consiste à préparer de bons petits plats à base de produits de saison, comme le Kürbisbrot (« cake au potiron ») ou l’Apfelkuchen mit Streusel (« crumble aux pommes »).

Parmi les régions allemandes les plus appréciées à l’automne, figure la Bavière, ses forêts immenses – ne manquez pas le Große Ahornboden et ses érables pluricentenaires aux teintes topaze – et ses châteaux romantiques. Dans les villages, l’heure est à la fête, que cela soit pour marquer le retour des troupeaux après un été dans les alpages (almatrieb) ou pour célébrer le saint du village (kirchweih).

Autre idée plus inattendue : un circuit dans l’Allemagne du Nord. La région est ourlée par la mer des Wadden, inscrite au patrimoine de l’Unesco. C’est ici que courant octobre se rassemblent des milliers d’oiseaux migrateurs avant leur longue route migratoire, un spectacle qui ravira les ornithologues amateurs.

Deux hommes en tenue traditionnelle bavaroise dans un pré, une vache se tient au premier plan.
© Lagazeta

À ne pas manquer : les Kürbis am Straßenrand

En octobre, d’étranges monticules orange se multiplient sur les bords des routes allemandes. Il s’agit de citrouilles (Kürbis) vendues en libre-service. Aucun vendeur n’est présent, les clients payant simplement en glissant l’argent dans une petite boîte (kasse).

Drôle de dames

Il y a bien des façons de nommer l’« été indien » : saison des couleurs, Saint Luke’s Little Summer, été de la saint Martin… Nos voisins outre-Rhin parlent d’Altweibersommer, littéralement de l’« été des vieilles bonnes femmes ». En réalité, les « bonnes femmes » (weiber) ont peu à voir avec le mot. Weib doit être compris comme la racine de weben, « tisser ». À cette période en effet, la nature allemande se couvre au petit jour de milliers de toiles d’araignée scintillant sous la rosée, et plus visibles que le reste de l’année.

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La Grèce d'île en île à la saint Dimitri

Selon le site Vivre Athènes, la période qui se rapproche le plus de l’été indien en Grèce a pour nom « petit été de la saint Dimitri » en référence à la Saint-Dimitri célébrée le 26 octobre. Ce petit été coïncide généralement avec la seconde quinzaine d’octobre.

Si les couleurs sont moins spectaculaires qu’en Amérique du Nord ou en Europe, elles n’en reste pas moins superbes. Le bleu du ciel s’adoucit, les ombres s’allongent, les sites archéologiques resplendissent sous une lumière moins tranchée… À cela s’ajoutent une fréquentation en baisse et un retour à l’halara, ce mode de vie tout en détente si cher à la Grèce.

Toute la Grèce se prête à un voyage en automne, les îles en particulier.

À ne pas manquer : le kazanemata

Plus qu’une boisson, le raki est très présent dans le quotidien grec et en particulier crétois. Sa distillation dans les villages en octobre et novembre est appelée kazanemata, et donne lieu à de belles réjouissances.

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L'Italie du Nord sous les auspices de saint Martin

Comme en France, l’équivalent italien de l’été indien a pour nom été de la Saint-Martin. Il est plus tardif que dans les pays d’Europe du Nord et se produit généralement la première quinzaine de novembre.

Parmi les lieux les plus « foliage compatible », la belle Milan et son immense parc Sempione planté de hêtres et de ginkos, dont les nuances d’orange et de jaune contrastent avec le vert tendre des cèdres de l’Atlas et celui plus soutenu de buissons de houx. Milan se combine idéalement avec la région des Lacs, également sublimée par les couleurs de l’automne.

Une agricultrice ramasse des grappes de vin en Italie du Nord.
© Jon Arnold Images/Hemis

Et s’il est un peu tard pour découvrir les Dolomites – la plupart des refuges de montagne ferment à la mi-octobre, novembre est un bon mois pour la Toscane. Il fait un peu plus frais mais la campagne est superbe. Les amoureux des tons chauds de l’automne ne manqueront pas le parc national des forêts du Casentino et ses forêts aux feuillages doré et cuivré, pourpre et émeraude.

À ne pas manquer : les truffes

Pour finir en beauté cet article, parlons de la truffe, don de l’automne aux sols de l’Italie du Nord. Le roi des champignons a pour domaine les collines de San Miniato, où il est célébré chaque année lors de la Mostra Nazionale del Tartufo.

Nos outils pour suivre l’arrivée de l’automne

Fall Foliage Map : un site conçu par le météorologiste Evan Fisher pour suivre le fall foliage dans n’importe quel état des États-Unis.

Weathernews Japon : ce site météo suit le kōyō en temps réel sur tout le territoire japonais.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération