La Tanzanie autrement : lodges et camps

  • 6 min
  • Publié le : 21 juillet 2026
  • Par Maëlys Goubelet

Dormir lors de son tour de la Tanzanie, ce n’est pas seulement une pause entre deux safaris, ou une simple nuit de repos. C’est aussi s’endormir avec les ricanements des hyènes au loin dans le parc national du Serengeti, se réveiller avec les sifflements des oiseaux au-dessus de la tente en Tarangire, se raconter nos meilleurs souvenirs avec son hôte au coin du feu non loin d’Arusha… Des bivouacs aux lodges engagés, nos adresses pour vous immerger dans la vie locale, jusqu’au bout de la nuit.

Partager le gîte avec les habitants

Pour vivre pleinement la Tanzanie, cap sur le lac Eyasi. Implanté au cœur du Grand Rift tanzanien, il est comme le lac Natron et le lac Manyara, un lac salé endoréique et saisonnier. Ici, les lacs n’ont pas d’exutoire, en saison sèche l’eau s’évapore, laissant derrière elle une croûte de sel blanche, craquelée où quelques flaques isolées subsistent. Puis reviennent les pluies, en saison humide, et le lac renaît. Phacochères, dik-diks, babouins, aigrettes, hérons et grands pélicans blancs viennent s’y réfugier. Votre refuge à vous, c’est le camp Kisima Ngeda, étape de votre circuit culturel dans le nord de la Tanzanie, à quelques pas du lac, dans des lodges tout équipés. Depuis votre balcon, profitez du son des buissons se balançant au rythme du vent ou des cris des oiseaux rompant le silence.

Composition de trois photos. En haut à gauche, un homme taille une branche au bord du lac Eyasi. En haut à droite, deux enfants jouent avec un arc. En bas, une vue aérienne de deux lodges sur pilotis, sur les bords du lac Eyasi.
© Entara Lodges & Camps

Venir sur les berges du lac Eyasi, c’est aussi faire une inoubliable rencontre avec les Hadzabe. Cette tribu nomade vie en connexion étroite avec les cycles naturels du lac. Les chasseurs cueilleurs lisent le paysage comme on lit un roman. Empreinte fraîche, souffle du vent, mouvement d’un babouin, ruches sauvages, baies et racines, tout est indice, tout est langage. Une exploration à leurs côtés permet d’en apprendre plus sur leur savoir-faire transmis depuis des millénaires, en toute humilité.

Pour s’immerger chez l’habitant, direction la maison d’hôtes Kiota Nest, aux portes du parc national d’Arusha. À peine arrivé, vous êtes accueilli par les parfums réconfortants du kahawa (café) que prépare Flora. Dans le jardin, les genettes et galagos (ou baby bush) virevoltent dans les arbres, disparaissant aussi vite qu’ils sont apparus. Mais c’est au salon que la Tanzanie se raconte, au fil des anecdotes et souvenirs de Barbara. Au petit matin, quitter votre nid ou kiota en kiswahili, est difficile tant on s’y sent comme à la maison.

Composition de deux images illustrant le Kiota Nest. À gauche, une photo du salon commun. À droite, Flora, la cuisinière des lieux.
Le matin comme le soir, on se retrouve au salon pour discuter avec les hôtes. © Valentin Poitte

Camper (presque) à la belle étoile

En Tanzanie, le safari fascine, surprend, émerveille. Les Big Five ou Big Nine gambadent en liberté dans les parcs nationaux, les gnous migrent du Serengeti vers le Maasai Mara (au nord de la Tanzanie) depuis des milliers d’années, et les plus petits animaux se cachent dans les figuiers sauvages et les acacias parasols. Le safari se vit aussi la nuit, lors d’une virée à pied, à pas de loup ou sous la tente.

Une tente, un lit de camp, un duvet, un point d’eau, un sanitaire, un feu qui crépite. Le camp est simple, installé en pleine nature et pourtant cela suffit pour ressentir l’agitation nocturne. Au loin, un rugissement de lion, le hurlement d’une hyène, le souffle du vent dans les herbes hautes. Parfois un buffle vient brouter dans les pentes du mont Lemagrut pour éviter les prédateurs ou le pas feutré d’un zèbre traverse l’obscurité. Le campement peut être un peu plus aménagé, avec une tente mess pour partager les repas.

Campement dans le parc du Tarangire.
© Claire Langet

Camper oui, mais où ?

Dans les parcs nationaux tanzaniens, le camping n’est autorisé que sur des emplacements officiels. Pour les special campsites, des campements plus isolés, il est nécessaire de réserver auprès de la direction du parc.

 

En dehors des parcs, le camping devient plus souple. Certaines guesthouses acceptent que vous plantiez votre tente dans leur jardin. Mais, même hors des zones protégées, le camping sauvage est fortement déconseillé, les animaux sauvages n’étant pas loin et par respect des habitants.

Bivouaquer lors de son voyage en Tanzanie, c’est choisir la simplicité, la liberté et l’aventure. Dans le parc du Tarangire, l’expérience est intimiste, vous vous réveillez au son du rollier à gorge lilas ou du craquement des branches au passage d’un pachyderme à proximité.

S’initier au zéro plastique

Un safari en Tanzanie n’est pas le premier endroit auquel on pense lorsqu’on parle d’engagement écologique. Et pourtant à tort ! Le respect de la nature passe d’abord par la protection de son territoire : parcs nationaux, réserves et zones de conservation. Serengeti, Ngorongoro, Tarangire, Nyerere, Ruaha… ces noms ne sont pas que des destinations touristiques : ce sont des sanctuaires pour la faune sauvage. Rangers, autorités et populations locales, et ONG luttent ensemble pour renforcer la surveillance et empêcher le braconnage (ivoire et viande de brousse), la déforestation et l’expansion agricole.

Photo de lodges situé entre le Serengeti et le cratère du Ngorongoro. À droite, une photo de zèbre dans les plaines.
© Capucine Gruson - © Simon Lambert/Haytham/Réa

Pour protéger ces animaux et ces territoires que l’on aime tant prendre en photo, cet engagement se retrouve aussi dans les lodges et camps. Certains, comme le Olduvai camp, logé entre le Serengeti et le cratère du Ngorongoro, vous invitent à vivre au rythme de la nature. Zéro plastique à usage unique, alimentation par l’énergie solaire, récupération des eaux de pluie, camp mobile en matériaux naturels et locaux, gestion des déchets… Autant de gestes qui permettent de préserver l’environnement lors de votre safari en Tanzanie.

Pour les passionnés de safari, le faire à pied ou à vélo est le meilleur moyen de se rendre « invisible » et d’être le plus silencieux possible. L’occasion aussi d’observer la savane et d’être attentif aux empreintes, branches cassées, odeurs et crottes, qui révèlent qu’un animal est passé récemment.

Soutenir les populations Masaï

Visiter la Tanzanie, c’est se retrouver nez à trompe avec un éléphant, rencontrer des tribus nomades qui ont tant à nous apprendre… mais ce n’est pas tout. Le soutien des populations locales fait partie intégrante de tout voyage. Si le tourisme responsable passe par l’engagement écologique de votre camp, il repose aussi sur son engagement communautaire. Dans de nombreux lodges et campements, l’hospitalité ne se limite à accueillir les vacanciers : elle devient un moteur de développement pour les peuples Masaï, Datoga ou Hadzabe qui vivent au cœur de ces territoires.

Photo d'un groupe Masaï.
© Ian Macharia/Unsplash

Au sud du lac Natron, le Maasai Giraffe Eco Lodge incarne parfaitement cet engagement. Créé par un Masaï natif du Ngorongoro et une Belge, ils travaillent en étroite collaboration avec le village d’Engaresero. Le filtre à eau potable est alimenté par la rivière (sans puiser dans les réserves locales), le lodge propose la compensation de votre empreinte carbone en plantant un moringa – un arbre aux vertus étonnantes.

Mais l’engagement va bien au-delà. Une partie des bénéfices est reversée à des projets solidaires comme la distribution de kits d’hygiène féminine, le soutien des jeunes souhaitant poursuivre des études supérieures, la mise en place de cartes d’assurance santé, et encore plein d’autres beaux projets. Le tout en observant chaque matin, des grands groupes de girafes passer devant votre fenêtre, une pause inoubliable de votre voyage familial.

Les lodges et camps à ajouter 

Kisima Ngeda Camp, Mikocheni village, Lake Eyasi

Kiota Nest, Usa River, Arusha

Site de camping dans le parc national du Tarangire, 4°03'22.3"S 36°04'40.8"E

Olduvai Camp, 3°02'05.5"S 35°17'00.8"E

Maasai Giraffe Eco Lodge, Engaresaro, Lake Natron