Où voir des aurores boréales ?

  • 13 min
  • Publié le : 5 novembre 2026
  • Par Maëlys Goubelet

Qui n’a jamais rêvé de voir le ciel danser au rythme de voiles verts, violets ou blancs ? Stars des cartes postales nordiques, les aurores boréales attirent chaque année les voyageurs en quête d'émerveillement et d'immensités sauvages. De la Laponie à l'Islande, en passant par la Norvège, la Suède, l’Alaska, l'Écosse, le Canada ou le Groenland, ces lueurs se guettent de septembre à avril lorsque s'installent les nuits sombres du Grand Nord. Que vous prépariez un premier autotour en famille ou un road trip photographique, découvrez où partir pour voir des aurores boréales.

1

La Norvège, les premières aurores boréales

Pourquoi aller à Tromsø pour voir des aurores boréales ?

Comment évoquer les aurores boréales sans mentionner Tromsø ? Surnommée la «capitale des aurores boréales », la ville à plus de 350 kilomètres au nord du cercle polaire arctique est une des destinations les plus réputées pour l’observation des aurores boréales. Et pour cause : elle est accessible facilement en avion et en train, les excursions s’adaptent à tous les goûts, la vie culturelle y est animée et surtout elle se trouve en plein cœur de l’ovale auroral – un anneau autour des pôles où l’activité est la plus intense.

Quelles sont les autres régions pour les observer ?

✅Au-delà de Tromsø, la Norvège est idéale pour un premier voyage « chasse aux aurores ». À l’est, le climat plus sec de la région d’Alta promet des nuits dégagées lors de vos excursions à pied ou à cheval.

✅Enfin, amateurs de photographies, en allant vous aventurer du côté de l’île de Senja et des îles Lofoten, vous verrez les aurores se refléter dans l’océan et les fjords, assurant de jolies photos (même pour les plus débutants).

Image d'une aurore boréale verte au-dessus de Tromsø en Norvège.
En s'éloignant des lumières de la ville, il est possible de voir les aurores danser au-dessus de Tromsø. © William Copeland/Visit Norway

À ne pas manquer non plus : la morue séchée dans les Lofoten

Chaque hiver, et ce depuis plus de mille ans, les morues quittent les eaux froides de la mer de Barents pour rejoindre le littoral des îles Lofoten. C'est l'occasion de vous rendre dans le village de pêche historique de Svinoya pour observer les hjell (les grands séchoirs à poisson en bois) et flâner entre les rorbuer, ces cabanes rouges traditionnelles qui servaient autrefois de refuge aux pêcheurs.

2

La Laponie finlandaise, au cœur de la nuit polaire

Pourquoi choisir la Laponie finlandaise ?

Près de 200 nuits d’activité aurorale par an, entre 10 à 20 heures d’obscurité quotidienne, des forêts ou des lacs gelés à perte de vue préservés de toute pollution lumineuse : ces conditions font de la Laponie finlandaise une destination privilégiée pour contempler les aurores boréales. Bien qu'elles soient visibles de septembre à mars, il est souvent préférable d'y partir en plein hiver, lorsque le kaamos (la nuit polaire) enveloppe le cercle arctique.

Où voir des aurores boréales en Laponie finlandaise ?

✅ En famille, privilégiez Rovaniemi, chef-lieu de la Laponie finlandaise, pour combiner l’observation céleste avec une visite au Père Noël. Les paysages dégagés autour de la ville ou même à l'Arktikum Arboretum permettent de les apercevoir sans s’aventurer trop longtemps dans le froid et surtout sans voiture.

✅ Pour décupler vos chances de voir des aurores boréales en Finlande, montez plus au nord vers Inari et Saariselkä. Couplée à une balade en traîneau ou à une nuit dans un igloo en verre, l’expérience sera encore plus mémorable.

Composition de trois photos sur les aurores boréales et la vie en hiver en Finlande. En haut, une personne se réchauffe les mains près d'un feu et une autre personne attèle un renne. L'image du bas montre deux personnes regardant une aurore depuis leurs motoneiges.
© Juliette ROBERT/HAYTHAM-REA - © R.Babakin/Stock Adobe - © Dylan Shaw/Unsplash

Un renard dans le ciel ?

Vous entendrez peut-être parler de revontulet en Finlande. Ce n’est pas le nouveau groupe de rock à la mode, mais bien le nom pour désigner les aurores boréales en finnois. Signifiant « les feux du renard », son étymologie est inspirée d’une ancienne légende. Elle raconte qu’un renard arctique magique (revon) court si vite sur les collines enneigées que sa queue balaie la neige et projette des étincelles (tulet) haut dans le ciel, créant ces traînées lumineuses colorées.

À ne pas manquer non plus : le festival Skábmagovat à Inari

Si votre voyage en Finlande se déroule au mois de janvier, faites une halte au festival Skábmagovat à Inari, avant de vous aventurer dans la nuit polaire. Consacré au cinéma autochtone sámi, durant l’événement vous aurez l’occasion de visionner des films et courts-métrages sur des écrans de neige en plein air.

3

La Suède, une réunion au sommet

Pourquoi choisir la Laponie suédoise ?

S'il est impossible de garantir à coup sûr l'apparition d'une aurore boréale, certains endroits offrent de meilleures conditions d’observation que d'autres, surtout sur de courtes périodes. Et la Laponie suédoise regorge de lieu de ce type. Surtout de septembre à mars, lorsque les nuits longues et l'absence de pollution lumineuse garantissent un cadre d'exception pour contempler la nuit polaire.

Où voir des aurores boréales en Laponie suédoise ?

✅ Le parc national d'Abisko est un peu la capitale des aurores boréales en Laponie suédoise. Installez-vous dans le village du même nom et profitez du microclimat particulièrement sec, assuré en grande partie par les montagnes alentour – un atout précieux lorsque la couverture nuageuse est souvent le principal obstacle à la quête des voiles lumineux.

✅ Vous apprécierez également l’Aurora Sky Station, perchée sur le mont Nuolja, à laquelle on accède en télésiège depuis Abisko. Après 20 minutes de montée, ce ne sera plus que le ciel et vous (et peut-être quelques autres touristes).

✅ Enfin les villes de Kiruna et de Lulea, situées plus au sud, sont d’excellents points de départ pour combiner l’observation des aurores boréales avec des excursions en raquettes ou en motoneige à travers les forêts enneigées.

Composition de deux photos sur l'Icehotel de Jukkasjärvi en Suède, de l'entrée aux couloirs de glace.
La partie éphémère de l'Icehotel à Jukkasjärvi est construite à partir de blocs de glace prélevés dans le fleuve Torne. © Anders Klapp/imagebank.sweden.se - © Ted Logart/Swedish Lapland

À ne pas manquer non plus : l'Icehotel de Jukkasjärvi

Vous n’avez peut-être jamais rêvé de dormir dans la glace… et pourtant c’est possible dans le premier icehotel au monde, à Jukkasjärvi. Chaque hiver des artistes et des sculpteurs y recréent des décors originaux en glace dans les chambres et au bar. De quoi laisser de glace Rodin.

4

L’Islande, la liberté du road trip

Pourquoi choisir l’Islande en hiver ?

S'il y a une route mythique en Islande, c'est la route circulaire ou route n°1. En hiver, elle devient un formidable terrain de jeu pour partir à la recherche des aurores boréales en autotour en Islande. S’enfoncer sur les routes de l’île permet de s’éloigner rapidement de Reykjavik et des zones urbaines pour profiter de conditions d’observation idéales. Louer une voiture permet d’adapter votre itinéraire à la météo océanique parfois capricieuse, en allant chercher les trouées de ciel dégagé.

Quels sont les plus beaux spots d'observation ?

✅ Dans le sud de l’Islande, le lac proglaciaire de Jökulsárlón est l’un des sites les plus prisés pour les admirer ; les draperies vertes se reflétant sur l’eau sombre et les icebergs isolés.

✅ Une même journée sur la péninsule de Snæfellsnes peut commencer par une balade aux falaises de Londrangar, se poursuivre par une visite du port coloré de Stykkishólmur et s’achever sous un ciel illuminé par les voiles verts au mont Kirkjufell ou à sa cascade voisine Kirkjufellsfoss.

✅ Reykjavik n’est pas à exclure de votre voyage islandais hivernal. Le phare de Grotta et le parc d’Öskjuhlíð sont accessibles en transports en commun, mais sont très populaires. Autre option : faire une excursion en bateau le soir et les admirer au large des côtes islandaises.

Image d'une aurore boréale au mont Kirkjufell.
Au mont Kirkjufell, les aurores boréales se reflètent de manière symétrique dans son étang. © Joshua Earle/Unsplash

À ne pas manquer non plus : fête des Lumières de Reykjavik

Lyon a la fête des Lumières début décembre pour célébrer la Vierge Marie, et Reykjavík a la fête des Lumières en février pour saluer le retour progressif du soleil après le cœur de l’hiver. La capitale se métamorphose : ses monuments s’habillent de projections vidéo et des installations artistiques lumineuses sont disséminées dans les rues. La soirée spéciale dans les bains chauds naturels, est l’occasion de guetter sous la nuit étoilée l’apparition d’une aurore boréale depuis l’eau chaude.

5

Le Canada, au royaume des aurores boréales

Pourquoi le Grand Nord canadien est-il une référence mondiale ?

Du côté de l’Amérique du Nord, une destination s’impose d’emblée pour l’observation des aurores boréales : le Grand Nord canadien. Des forêts boréales du Yukon aux rivages glacés de la baie d'Hudson, la région fait figure de référence pour les chasseurs d'aurores boréales. Étendues sauvages, peu de pollution lumineuse, nuit polaire, tous les éléments sont au vert.

Où voir des aurores boréales au Canada ?

✅ S’il ne fallait retenir qu’un nom, ce serait probablement Yellowknife. À la capitale des Territoires du Nord-Ouest, les lueurs vertes sont si fréquentes que les habitants parlent d’un spectacle presque quotidien en hiver.

✅ Un séjour hivernal du côté du Yukon vous permet de suivre les pas de Jack London tout en observant les aurores à Whitehorse.

✅ À Churchill, dans la province du Manitoba, les lumières célestes sont aussi populaires que les ours blancs.

✅ Dans le Nunavik, elles dansent au-dessus des villages inuits et des étendues enneigées.

✅ Plus au nord encore, à Inuvik, elles éclairent la toundra jusqu'à Tuktoyaktuk et aux rives de l'océan Arctique.

Image d'un tipi illuminé dans la forêt canadienne tandis qu'une aurore boréale illumine de vert le ciel étoilé.
© Destination Canada

À ne pas manquer non plus : le SnowKing Winter Festival

Pendant un mois, entre février et mars, les eaux gelées du Grand lac des Esclaves à Yellowknife se transforment pour accueillir un immense château de neige. Construit à la main chaque année, cet édifice éphémère devient un véritable centre culturel givré, accueillant concerts, expositions d'art, pièces de théâtre et glissades sur glace pour tous les âges.

6

L’Alaska, le Grand Nord-américain

Pourquoi l’Alaska fait-il rêver les chasseurs d’aurores ?

Vaste territoire d'Amérique du Nord, l’Alaska bénéficie d'une position privilégiée sous l'ovale auroral. Dans cette région arctique, la saison d'observation est particulièrement longue et s'étend de la fin août jusqu'à la fin avril. En voyageant en Alaska hors de la haute saison touristique, vous aurez le privilège de traverser ces immensités sauvages au calme, loin des affluences estivales.

Où voir des aurores boréales en Alaska ?

Fairbanks est le meilleur endroit des États-Unis pour admirer les aurores boréales. Située dans les terres, la ville profite d'une faible pollution lumineuse. Un séjour de trois nuits sur place permet généralement d'avoir de très fortes chances d'admirer le ballet des voiles lumineux. Parmi les points de vue privilégiés, citons le Cleary Summit, la zone de loisirs de Chena Lakes (Chena Lakes Recreation Area) et de Tanana Lakes ou encore les sources chaudes de Chena, qui permettent de guetter les aurores boréales depuis un bassin naturel chauffé à plus de 35 °C.

Composition de deux photos. À gauche, des sculptures d'ours glacés lors du World Ice Art Championships à Fairbanks. À droite, des aurores boréales au-dessus de la forêt en Alaska.
© Travel Alaska/Chris McLennan - © Mike Beauchamp/iStock

Des aurores boréales dans le Grand Nord… et au Sud ?

L’hémisphère Nord n’a pas le monopole des voiles lumineux. À l’autre bout du globe, le phénomène existe aussi sous le nom d’aurores australes – le terme aurores polaires regroupant les deux. Elles peuvent s’observer durant l’hiver austral, entre avril et septembre. Si elles sont moins populaires que leurs sœurs du Nord, c’est qu’aux latitudes polaires du Sud, les terres émergées et habitées sont extrêmement rares, le continent antarctique étant ceinturé par les océans. Avec un peu de chance, ces voiles austraux sont visibles du côté de la Tasmanie, le sud de la Nouvelle-Zélande, la Patagonie argentine et chilienne ou lors d’une expédition antarctique.

À ne pas manquer non plus : le World Ice Art Championships

Entre février et mars, Fairbanks accueille la plus grande compétition de sculpture sur glace au monde où plus de 100 sculpteurs venus de 30 pays s’affrontent dans trois catégories. Châteaux, animaux fantastiques et autres œuvres monumentales prennent forme dans d’immenses blocs de glace. En 2026, les équipes de la Mongolie ont fait sensation en remportant 6 des 9 récompenses décernées par le jury.

7

Le Groenland, aurores boréales et icebergs

Pourquoi partir au Groenland en hiver ?

Choisir le Groenland pour partir à la recherche des aurores boréales sans la foule est une évidence. Cette immense île de glace et de montagnes est en grande partie inhabitée. Elle bénéficie donc d’une absence quasi-totale de pollution lumineuse, d’une ambiance plus confidentielle que la Laponie et d’un climat relativement sec. C’est la promesse d’un voyage intime au cœur de l’Arctique.

Quels sites privilégier au Groenland ?

✅ De septembre à avril, les aurores boréales illuminent régulièrement le ciel autour de Kangerlussuaq, situé au fond d’un étroit fjord et en bordure de la calotte glaciaire. Enregistrant près de 300 nuits de ciel dégagé par an, la ville est devenue l’un des meilleurs sites d’observation du pays.

✅ Plus au nord-ouest, de nombreuses expéditions ont lieu depuis la ville d’Ilulissat – dont le fjord glacé est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco – et la baie de Disko. En vous éloignant de quelques kilomètres, vous découvrirez les draperies vertes illuminer les icebergs dérivant dans le fjord glacé : un spectacle saisissant.

Photo de deux personnes observant une aurore boréale depuis un igloo de verre à Ilulissat au Groenland.
© Aningaaq R. Carlsen/Visit Greenland

À ne pas manquer non plus : le chant des icebergs

Lors de vos sorties nocturnes, tendez l'oreille pour surprendre le chant des icebergs. Lorsque ces colosses de cristal gelé se fissurent sous la pression ou basculent brusquement dans l'eau du fjord, ils libèrent des résonances et des grondements sourds étonnants.

8

L’Écosse, le ballet des Mirrie Dancers

Peut-on voir des aurores boréales au Royaume-Uni ?

Les aurores boréales sont souvent associées à la Laponie, au Grand Nord ; pourtant, il n'est pas nécessaire de franchir le cercle polaire pour assister au spectacle. Au nord de l'Écosse, un autotour dans les archipels des Orcades et Shetland est votre meilleure option au Royaume-Uni pour guetter les voiles lumineux – à condition d'affronter les températures de l’hiver et les vents. Plus proche de Bergen que de Londres, les îles Shetland se situent à la même latitude que certaines régions du sud de la Norvège.

Quelles îles choisir pour apercevoir des aurores boréales ?

Privilégiez les côtes d’Unst, Yell ou Eshaness, dans les Shetland ainsi que Birsay et Yesnaby pour les Orcades, où il y a peu de pollution lumineuse. Lorsque les longues nuits d'hiver s'installent et que le ciel se dégage au-dessus de l'Atlantique Nord, les célèbres Mirrie Dancers peuvent faire leur apparition au-dessus des falaises et des landes balayées par le vent.

Image des aurores boréales violettes et vertes dans le ciel surplombant le site archéologique de Stenness aux Orcades, en Écosse.
Le ciel du site de Stenness se pare de violet et de vert lors des longues journées d'hiver. © Jon Arnold Images/Hemis

Qui sont ces « joyeux danseurs » ?

Mirrie Dancers ou Merry Dancers (litt. « danseurs joyeux ») est le surnom donné aux aurores boréales par les habitants de Shetland. Hérité du norn, ancienne langue d'origine scandinave parlée dans les îles jusqu'au XVIIIe siècle, ce nom évoque le mouvement ondulant et presque chorégraphié des lueurs dans le ciel. Une appellation poétique, rappelant les liens étroits entre les Shetland et les cultures nordiques.

À ne pas manquer non plus : le wild swimming

Pour les amateurs de sensations fortes, profitez de votre séjour en Écosse pour vous initier au wild swimming (la baignade en eau libre). Très prisée des Écossais, cette pratique attire les plus téméraires à se glisser dans les eaux glacées de l'Atlantique pour une séance revigorante. Après quelques secondes de baignade, rien de tel qu'un thé brûlant ou un verre de whisky pour retrouver ses esprits. Alors, prêts à vous jeter à l’eau ?

Nos conseils pour voir des aurores boréales

Maintenant que vous savez où aller, notre article « Le petit guide des aurores boréales » donne quelques pratiques pour augmenter vos chances d’observer les lueurs vertes.